Billet d'humeur en retraite: les néolibéraux russes ont déclaré leur "zastoï"

 
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31 août
09:18

Billet d'humeur en retraite: les néolibéraux russes ont déclaré leur "zastoï"

La réforme des retraites en Russie est en train de couler le Gouvernement, mené par un Premier ministre dont le taux de confiance dans la population est déjà très bas, à moins de 8% en août. Ne pouvant assumer la charge politique de cette réforme globaliste, qui s'inscrit dans la logique de l'OCDE, menée parallèlement en Allemagne aussi, portée en Russie par le clan néolibéral, le Président Vladimir Poutine a dû sortir hier sur les écrans. Il ne peut sauver la réforme, mais il peut l'imposer. Les néolibéraux lui font ainsi payer le prix du soutien populaire. A chacun d'apprécier le fond de ces mouvements globalistes, le parti pris sera de toute manière idéologique. Ce qui nous intéresse ici concerne plus les implications sur la gouvernance en Russie, lors du dernier mandat d'un leader qu'il sera difficile de remplacer. Il semblerait que l'Occident aide à nouveaux ces "libéraux" à recréer artificiellement les conditions de la fin de l'URSS: impression de stagnation politique, désaveu social et mythologie économique. Un cocktail qui rappelle le "zastoï" (stagnation) de Brejnev, remis au goût du jour en "zastoï" néolibéral et qui nous a été bizarrement été servi hier surtoutes les chaînes et sur tous les tons. A quoi bon?

La réforme des retraites passe très mal dans l'opinion. Sa nécessité n'est pas comprise, elle a été imposée comme dans les beaux jours de la thérapie de choc de Gaïdar et n'a pas été mieux acceptée que celle-ci. Sur le fond, comme nous l'avions déjà écrit ici, cette réforme mécanique sert à réduire les dépenses de l'Etat en diminuant le temps pendant lequel les pouvoirs publics verseront les retraites, certains pouvant même se dire qu'ils n'auront jamais à s'en occuper car vue la moyenne d'espérance de vie, ils seront morts avant. Sans compter les problèmes induits par le chômage tardif et la difficulté de retrouver un emploi. Mais ces réformes ne concernent pas que la Russie, elles sont portées par l'OCDE qui en a fait son cheval de bataille. D'ailleurs, hier aussi, tout comme Poutine, Angela Merkel a annoncé une réforme similaire en Allemagne. Le même jour, symbolique. Ces réformes ne sont donc pas dépendantes des situations de chaque pays, de chaque société. Elles sont nécessaires, car idéologiquement décidées. Que la Russie ait une autre organisation sociale, plus traditionnelle, avec les grands-mères qui partent tôt à la retraite pour s'occuper des petits-enfants n'intéresse personne. De toute manière, justement, cela ne correspond pas aux dogmes actuels, elles doivent travailler, s'occuper d'elles, penser à ce qui est important, c'est-à-dire elles. Nous sommes à l'époque de l'individualisme creux et conquérant, certainement pas à celui des liens intergénérationnels. Il paraît même, comme nous l'avons entendu en France, que les grands-parents peuvent être nocifs pour les enfants. Cette réforme permettra donc de "soigner" la société russe, sinon le budget.

Une opération politico-médiatique aux résultats douteux

Mais au-delà de l'appréciation que l'on peut avoir de cette question, la nécessité de sortir le Président Poutine comme un parapluie (ou un abri anti-bombes), pour se protéger et lui transférer toute la responsabilité politique de cette démarche, n'est pas sans conséquences politiques.

Hier, la grosse Bertha médiatico-politique a été dépoussiérée pour l'occasion et a fait feux de tout bois. Déjà la veille, l'annonce officielle a été faite: le Président parlera au peuple. En soi, que le Président s'exprime sur une réforme controversée, qui engage l'ensemble de la population, c'est normal, c'est d'ailleurs son rôle. Mais ces annonces spéciales provoquent des attentes particulières dans la population.

Le Président est du côté de la population, il doit la comprendre, il défend la politique sociale, il ne peut donc pas soutenir cette réforme néolibérale, qui transfère entièrement la charge sur la population. Avec l'absence médiatique de Medvedev ces derniers jours, les gens avaient des espoirs démesurés: le Premier ministre va sauter, Poutine va enterrer la réforme, etc. D'autres estimaient qu'il ne pouvait y avoir "que" les retraites, il devait certainement y avoir également des annonces importantes concernant le Donbass, l'Ossétie du Sud, les sanctions...

Et finalement, il y a eu un discours surprenant, presque s'excusant, justifiant la réforme des retraites. Expliquant que les circonstances ayant changé, il est temps de le faire. Mais avec quelques assouplissements, une sorte de ni-ni, ni totalement néolibérale, ni franchement sociale. Des aménagements concernant surtout les femmes, dont l'âge de la retraite ne sera augmenté que de 5 ans, le renforcement des garanties sociales, la possibilité d'une sanction administrative ou pénale en cas de mise au chômage d'un individu en pré-retraite... Des aménagements techniques, des sparadraps sur une hémorragie sociale.

Les réactions dans la presse furent mitigées, mais les commentaires des lecteurs particulièrement acides. Les membres du Gouvernement ont fait la tournée des plateaux TV pour continuer à expliquer et, justement, ces explications furent désolantes - de par leur vision de la société et de l'avenir. Ou plutôt l'absence de vision, l'absence de stratégie de ce clan néolibéral. Et cela a été particulièrement remarqué par les experts. 

Pourquoi fallait-il "mouiller" le Président? Parce que c'est la seule figure politique actuelle qui inspire confiance, même si ce taux est en chute libre depuis l'annonce de cette réforme. Certes, mais n'était-il pas possible de le faire autrement? La mise en scène a créé des espoirs et des attentes qui ne furent pas satisfaits, loin de là. La veille au soir, de toute manière, il s'était déjà exprimé devant les ministres et les caméras sur le sujet, les trois précisions supplémentaires pouvaient très bien être insérées. Il n'était pas nécessaire de le faire monter en première ligne.

Ce qui a le plus surpris dans ce discours, est cette dernière phrase:

"Je vous demande de faire preuve de compréhension"

La réaction présidentielle est quasiment freudienne. Quelle compréhension? Si la réforme est fondée et bonne, les gens le comprennent très bien, ils ont envie de vivre mieux, comme partout, il n'y a aucune exception russe. Si la réforme n'est pas fondée, si elle ne leur apportera rien, ils le sentent très bien. Et ils l'ont compris. Comme beaucoup d'analystes. Mais le soir, Koudrine a déclaré devant les caméras des grandes chaînes nationales être satisfait par le discours du Président, car finalement ça ne remet pas du tout en cause la conception de cette réforme. Au moins, cela a été dit. Mais que doivent finalement "comprendre" les gens?

Le "zastoï" néolibéral?

La manière dont les porteurs de la réforme la justifient montre leur absence totale de vision stratégique pour le pays. Ils réagissent comme si la démographie n'augmentera jamais, comme si la croissance économique sera au mieux nulle, comme si les salaires n'augmenteront pas. Bref, comme si c'était la fin, qu'ils ne savaient quoi faire pour améliorer la situation, alors il faut faire durer le pain un peu plus longtemps en serrant la ceinture.

Golikova, vice Premier ministre, déclarait hier sur le plateau de l'émission 60 minutes, qu'à la fin de la période soviétique, il y avait 2,5 adultes en âge de travailler pour un retraité et ils attendent 1,2 pour fin 2019. Et ensuite on sera à peine à 1 pour 1. Pourtant depuis des années, ils expliquent que la natalité repart. Il peut y avoir un creux de quelques années, après les grandes réformes que ce même clan a d'ailleurs menées dans les années 90, mais ensuite, logiquement, la hausse de la natalité doit changer la donne. A moins que les politiques de soutien de la natalité ne fonctionnent pas en réalité? Ils misent sur la stagnation démographique, dans le meilleur des cas.

Il faut augmenter les pensions qui sont trop basses, c'est vrai - c'est pour cela qu'il faut retarder l'âge de la retraite. Donc, ils veulent préserver le petit gâteau, n'envisagent pas du tout qu'il puisse grossir, et doivent répartir et économiser ce qui reste. Autrement dit, ils ne se considèrent absolument pas capables de mener une politique économique qui permet une véritable relance, n'ont absolument pas confiance en la capacité de la force de production du pays et prévoient la stagnation économique. Et à quoi servent tous ces discours sur le grand bond numérique qui doit sauver le pays? Ces gens ne vivent effectivement pas du tout dans le monde réel et sont absolument incapables de le penser. Donc de le façonner. Ils ne peuvent que fantasmer un monde inhumain, numérique, froid et impersonnel. Un monde où des ordinateurs les sauveraient de leurs limites, comme un Deus ex machina.   

Golikova a également expliqué que pour éviter la mise au chômage de personnes en pré-retraite, une responsabilité administrative (amende de 200 000 roubles ou un équivalent de 18 mois de salaire), voire une responsabilité pénale peut être mise en oeuvre. Je n'imagine pas comment cela va fonctionner, quelle est cette logique. Les employeurs pourront de toute manière mettre dehors leurs employés juste avant l'âge de la pré-retraite, ce qui ne changera rien et ne fera qu'avancer le problème. Ensuite du point de vue de la logique économique, ou même simplement du bon sens: un employeur ne pourra plus mettre dehors un employé, sous peine de sanction, même s'il commet une faute professionnelle, même s'il est moins performant qu'un autre et qu'il doit réduire son personnel? En cas de difficultés économiques dans l'entreprise, que va faire l'employeur? C'est absurde. Et comme ils savent très bien que c'est irréaliste, la paix sociale s'achète avec un doublement du versement mensuel d'aide aux chômeurs (de 4900 à 11 200 roubles). Donc, de toute manière, la relance de l'emploi n'est pas prévue et les charges budgétaires allégées d'un côté, sont réintégrées de l'autre.

Et chacun de nous expliquer qu'ils ont tout envisagé et n'ont rien trouvé d'autres. Ils n'ont pas "rien trouvé d'autre", ils ont récupéré les recommandations internationales, qui ne tiennent pas compte des spécificités des pays, qui sont appliquées en vrac en Allemagne, vont l'être en France, et entrent en Russie. Peu importe le taux de natalité dans les pays, peu importe la structure des sociétés en question, peu importe les sanctions, peu importe l'organisation socio-économique des pays, ce sont les mêmes recettes. La même recette: augmenter l'âge. Point. 

Rappelons que l'augmentation globale prévue du montant de retraite est de 6000 roubles (1000 roubles par an pendant 6 ans), ce qui fait une augmentation globale de ... 80 euros. Et toute cette crise socio-politique est organisée pour une augmentation des pensions de retraite de ... 80 euros? Et tout le clan néolibéral, Koudrine en tête, Golikova à la suite, affirment qu'ils veulent avant tout permettre une augmentation du niveau de vie des retraités? Avec 80 euros par mois de plus???? Pour l'instant les gouvernements qui se succèdent ne ratifient pas la Convention de l'Organisation internationale du travail N°102 qui impose une retraite minimum à 40% du salaire moyen, ce serait un début intéressant.

Pourtant, en 2011, Poutine avait à l'époque fait une autre proposition pour refinancer le Fonds de pension. Il se trouve qu'après la chute de l'Union soviétique, la participation des entreprises était à un taux de 40% sous Eltsine et le premier mandat de Poutine. Dans les années 2000, différentes réformes ont eu lieu dans le sens de libération des entreprises de toutes charges, alors que les impôts sont déjà très bas. Il est alors tombé 29%, puis à 20%. Mais devant le déficit qui se creusait, il fut remonté à 22%. Poutine proposait alors en 2009 de le passer à 26%, ce qui fut réalisé en 2011 et le déficit du Fonds a été résorbé. Sans pour autant repasser à 40%, des experts estiment qu'à 34%, les pensions sont largement assurées sans porter préjudice à la croissance économique et sans remettre en cause l'organisation sociale du pays. Bizarrement, cette option, qui est effectivement à contre-courant idéologique, n'a pas été évoquée cette fois-ci.

La réapparition des "deux Russie"?

Une impression assez étrange se dégage de cette situation, comme si les "deux Russie" qui s'affrontaient dans les années 90 ressortaient les armes, comme si la trêve prenait fin. Le parapluie qui les chapeautait s'affaiblit, c'est le dernier mandat, il y a une certaine incertitude politique quant à l'avenir, et la manière dont cette réforme a été présentée en boucle hier soir laisse percer à la fois le choc idéologique de ces deux clans politiques, l'incapacité des "libéraux" de penser stratégiquement l'avenir d'un pays réel et la résistance d'une vision souveraine, portée par la population et la politique étrangère.

Le porte-parole du Kremlin, Peskov, a déclaré que la sortie médiatique de Poutine n'a rien à voir avec la chute de son rating. L'on peut le croire, car il y a peu de chances pour que cette opération ne l'améliore. Alors que le rating de confiance en la personne de Vladimir Poutine était à son maximum avec le rattachement de la Crimée, où il frisait les 80%, il a épuisé les effets d'une politique qui était en phase avec les attentes stratégiques de la population. Depuis le lancement de la réforme des retraites, et d'autres du même acabit ces derniers temps, le rating de toutes les institutions politiques et des personnalités politiques est en chute libre, comme le démontre les résultats de l'institut de sondage Wciom. Il y a une chute de confiance générale, un début de crise de légitimité de la politique intérieure menée.

Poutine est passé d'un taux de confiance de 49% en mai à son plus bas niveau historique, qui rappelle l'époque de Bolotnaya après les élections de 2011, à moins de 37% en août. Medvedev, qui n'a jamais eu la confiance de la population, était à 10% en mai pour réussir à tomber encore plus bas et atteindre 7,9% en août. Comment peut-on garder en place un Premier ministre qui n'entraîne aucun mouvement de confiance dans la population?

Les institutions ne sont pas épargnées. L'accord avec la politique menée par la présidence a chuté de 25% entre mai et août, passant de 79% à 64%, ce qui est énorme. La Douma, chambre basse du Parlement, particulièrement exposée dans le processus des réformes néolibérales, le paie aussi avec une chute de 16% sur la même période, passant de 47,2% (ce qui est son niveau habituel moyen) à 31,8%.

Cette rupture entre une élité néolibérale qui s'est installée au pouvoir et les aspirations populaires se remarque très fortement dans tout ce qui concerne la politique intérieure.

Voici la manière dont les gens apprécient la situation dans le pays, en pointillé bleu la moyenne, le premier chiffre en rouge en avril 2018, le dernier en août 2018:

La situation est la même en ce qui concerne la politique intérieure, le premier chiffre est en avril 2018, en août l'index chute en dessous de la barre des 22:

Et c'est encore pire avec l'appréciation de la politique économique:

En bleu ciel, ceux qui sont en gros satisfaits, en jaune ceux qui sont en partie satisfaits, en rouge ceux qui sont en gros insatisfaits, en gris ceux qui ont du mal à répondre, en pointillés l'index de satisfaction. Il tombe à zéro en août.

Ces résultats ne peuvent concurrencer qu'avec l'appréciation de la politique sociale (la légende est la même sur tous les graphiques). Même ici, l'indice de satisfaction a chuté à 10:

La rupture se voit avec l'appréciation de la politique internationale, une politique souveraine, qui obtient le soutien stable de la population, avec un pic en 2014, malgré les difficultés, malgré les sanctions, malgré la russophobie. Une politique menée, elle, non pas par le bloc néolibéral, qui trouvait que l'intervention en Syrie coûte cher, qui ne serait jamais allé récupérer la Crimée, qui n'aurait jamais eu de politique internationale:

Y a-t-il un changement de mode de gouvernance? 

Chaque système politique a sa logique politique, son mode de gouvernance, qui dépend autant de facteurs intérieurs qu'extérieurs. Le système russe et celui des pays européens sont diamétralement opposés. Le système russe est personnalisé et centré autour d'une personnalité, les aspects systémiques de la gouvernance ont du mal à se développer dans un système politique assez stérile, confronté à des oppositions destructrices, qui ne permettent pas de créer de dynamique politique stables. Dans les pays européens, à l'exception relative de l'Allemagne (mais Merkel a pu succéder à H. Kohl sans problème et sa propre succession n'entraîne pas de question existentielle pour le pays), le système de gouvernance est dépersonnalisé, les têtes changent, les partis se succèdent, sans remettre en cause le cours politique et idéologique profond. 

Les situations sont très différentes. Dans les pays européens, les partis politiques ne recouvrent pas les ruptures idéologiques de la société, la distinction droite / gauche permet de cacher le véritable enjeu nation / global, ce qui neutralise les enjeux électoraux, avec quelques ratés ponctuels, comme en Italie par exemple ou un temps en Grèce. En Russie, le combat politique est plus virulent, même si les partis ne sont pas pas particulièrement impliqués, les élections ont un véritable enjeu de sécurité nationale. Les combats politiques se déroulent aussi en sous-main, mais les conséquences sont d'autant plus importantes que l'enjeu central est la souveraineté du pays, l'opposition n'étant pas pacifiée, ne cherchant pas une alternative au cours politique menée, mais à l'idéologie souverainiste.

Au regard de ces prémisses, l'on comprend que les pays européens peuvent mener des politiques impopulaires, défendre d'autres intérêts que ceux de leur peuple, car la source réelle du pouvoir est ailleurs, les visages changent pour calmer la vindicte populaire et chaque président va plus loin que le précédent. Ce sont en quelque sorte des kleenex politiques, l'on en sort un propre à chaque début de mandat.. En Russie, à l'inverse aujourd'hui, la source du pouvoir est dans l'onction populaire, ce qui oblige le Président à mener une politique en conformité avec les aspirations de la majorité de la population, à défendre les intérêts nationaux, à moins de ne réveiller les démons de la révolution.

Or, à chaque fois que l'on a vu les néolibéraux tenir la politique intérieure (Sourkov et Bolotnaya en 2011, Kirienko aujourd'hui), l'on arrive à des mouvements populaires de mécontentement. Celui de 2011 a été vidé par le remplacement de Sourkov par Volodine (aujourd'hui à la tête de la Douma), qui avait su amener les réformes nécessaires pour normaliser la situation politique. Aujourd'hui Kirienko joue à nouveau avec le feu, aidé par Koudrine à l'économique et l'on en revient toujours au même point: le peuple rejette ces politiques. Dans plus de 60 entités fédérées (sur 82), des groupes d'initiaves populaires, certaines lancées par le PC, ont demandé qu'un référendum soit organisé sur cette réforme qu'ils contestent. Cette réforme est très symbolique, non seulement de par sa dimension idéologique, mais aussi parce qu'elle touche les plus faibles.

Le pouvoir en Russie peut décider d'"européaniser" son mode de gouvernance, c'est-à-dire de gouverner "contre" le peuple, mais dans ce cas il doit également dépersonnaliser dès à présent le pouvoir et rendre ces visages-dirigeants interchangeables. L'on en revient à la fameuse république parlementaire appelée de leurs voeux par Khodorkovsky et Ksénia Sobtchak. Qui sont finalement le pendant politique de Koudrine. Seulement, la Russie n'est pas un petit pays européen, elle a des contraintes territoriales et sociales liées à l'étendue de son territoire, à la répartition de sa population, à sa diversité ethnique, etc; elle n'a pas de "protecteur" européen ou de "grand frère" américain. 

Le pouvoir en Russie ne peut pas prétendre à deux politiques diamétralement opposées: souveraine à l'international, tenant compte des intérêts légitimes du pays, et globaliste à l'intérieure. Dans le cas contraire, il faut comprendre que les foules peuvent avoir des revirements très violents, soudains et souvent irréfléchis, instinctifs. Le capital confiance d'un dirigeant s'entretient, surtout lorsqu'il joue le rôle du leader national. Il est dangereux de le dilapider, si longtemps avant le terme d'un mandat.

Karine Bechet-Golovko

Source

-*zastoï - une stagnation

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