Elections dans le Donbass: l'ONU revient à l'incantation du fantôme des accords de Minsk

 
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31 octobre
14:17

Elections dans le Donbass: l'ONU revient à l'incantation du fantôme des accords de Minsk

Hier 30 octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni non pas pour examiner, mais pour s'insurger contre l'organisation des élections dans le Donbass, que ses membres estiment, à l'exception de la Russie, violant les accords de Minsk. Que des populations vivant en situation de blocus soient obligées de s'organiser intéresse très peu ces chers garants de l'ordre mondial, qui veulent par là même faire porter la responsabilité de ces élections à la Russie. D'une certaine manière, ils reconnaissent ainsi que l'Ukraine a été choisie pour combattre la Russie, ce qui a été perdu en Crimée, ils tentent de le récupérer dans le Donbass. Le reste n'est qu'un conte pour enfants.

A la demande de la Suède, de la France, des Pays-Bas, des Etats-Unis, de la Pologne et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni pour traiter de la question des élections dans le Donbass. Mais comme l'a rappelé la Russie, c'est elle qui a obtenu que cette discussion soit publique et non en huis-clos comme initialement prévu.

Les positions sont simples. Pour ces pays, en organisant des élections, le Donbass est coupable de violer les accords de Minsk et la Russie de le soutenir. Pour la Russie, il n'y a pas de violation des accords de Minsk, ce sont des élections locales et les populations sur place, vivant en situation de blocus de la part de Kiev, doivent bien s'organiser pour survivre. Indirectement, ces pays veulent déplacer le curseur des accords de Minsk, concernant les deux parties au conflit que sont l'Ukraine et le Donbass, vers un conflit extérieur entre l'Ukraine et la Russie, oubliant que la Russie n'est pas partie à ces accords, mais comme eux garant.

La France a, pour sa part, parfaitement exécuté son numéro de dévouement aveugle. Son représentant, M. François Delattre, dans sa déclaration, a fait montre de toute la partialité de notre pays. Lorsqu'il s'agit de l'organisation des élections locales, il accuse directement la Russie, mais lorsqu'il s'agit de la dégradation militaire du conflit, de la présence de tanks à la ligne de front, d'artillerie lourde, etc, étrangement il reste dans le flou. Refusant ainsi de devoir reconnaître les violations militaires ukrainiennes, oubliant les appels répétés à l'engagement du conflit de la part de différents responsables et politiques ukrainiens (voir plus en détail notre texte ici).

Les Etats-Unis et leurs pays satellites, dont malheureusement la France fait partie, ont utilisé l'Ukraine contre la Russie. En provoquant, finançant, soutenant le Maïdan, ils ont entraîné la chute de l'Etat ukrainien et les pertes territoriales en Crimée; en envoyant l'armée en 2014 contre les habitants du Donbass, ils ont provoqué cette guerre civile, qui sert des intérêts stratégiques étrangers.

Si je vois très bien où sont les intérêts américains dans la région, directement orientés contre la remontée de la Russie sur la scène internationale, je ne vois pas très bien en quoi consiste l'intérêt pour l'Europe d'avoir un conflit ouvert à ses portes et de l'entretenir servilement?

En conclusion - rien. Le site de l'ONU a publié un compte-rendu. Et c'est tout. Cet organe ne peut résoudre les conflits, il est un espace où il est possible d'en discuter. Pas d'accuser, mais de discuter. Quand les Etats ne sont plus capables de discuter, car leur position est idéologique, cet espace-même perd son sens. Ce que nous voyons de plus en plus souvent.

Karine Bechet-Golovko

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