La stratégie de RT France de s'adapter à la censure du CSA ne marche pas !

 
Actualités
12 juillet
22:49

La stratégie de RT France de s'adapter à la censure du CSA ne marche pas !

La stratégie de soumission de RT France au pouvoir en France agace et paraît être une grosse erreur de casting. Le slogan de RT France « Osez questionner » bientôt remplacé par « Osez devenir BFM TV et LCI » ? Il n'y a qu'un pas à cela puisque tous les journalistes français avec une carte de presse française de RT France sont issus de BFM TV, LCI, France 3, I-Télé. RT France qui bénéficie de 20 millions d'euros de budget de Moscou, ne devrait pas, avec ses soldats de l'information « made in France » habitués à faire des courbettes envers le système, avoir des difficultés à faire du BFM TV en continu et à suivre les ordres du CSA. Ce CSA qui, notamment, applique la nouvelle loi votée dans la nuit du 3 au 4 juillet sur les fake-news (manipulation de l'information pour rendre au silence les média et les journalistes libres). Ainsi, RT France doit se plier devant le CSA, si elle veut rester sur le sol français car celui-ci menace d'interdire la chaîne. Or, pour faire du vrai travail journalistique et informer son public, il aurait fallu que RT France recrute d'autres profils et s'éloigne des journalistes issus de la Lügenpresse* ! 

RT doit former une autre équipe.  Finalement, la politique de recrutement actuelle de RT France ne sert à rien, car le CSA veut interdire la chaîne ! C'est la preuve par l'exemple que la soumission au pouvoir des journalistes n'apporte rien du tout et que la stratégie de Moscou doit être revue dans un autre sens. Certes, dans un premier temps, il a fallu de bons vieux soldats de la Lügenpresse habitués de se soumettre au pouvoir en place... pour lancer la chaîne.  Mais puisque aujourd’hui, RT France est menacée par le CSA, il devient évident que cela ne sert à rien de « baisser le pantalon » ou de recruter des journalistes serviles.  Le CSA veut interdire RT France et, ce malgré que la chaîne russe en France soit constituée de ces mêmes journalistes qui surent alimenter durant des années en contenu les rédactions des média de la Lügenpresse. Nous sommes bien face à une erreur de casting. Le choix rédactionnel de Moscou de laisser des anciens des média de la Lügenpresse française gérer RT France (recrutement des journalistes notamment) apparaît être un échec stratégique car on ne transforme pas un âne en cheval de course en lui mettant une nouvelle couleur (le vert) avec un nouveau logo (RT en noir)! Un journaliste, qui a su courber l'échine et manger durant des années aux râteliers de BFM TV, de LCI, d'i-Télé, de France 3, ne changera pas sa manière de mâcher l'information, ni celle de passer la langue sur la main de son maître comme tout bon équin. Les journalistes de RT France, il faut une fois pour toute bien se le mettre dans la tête, viennent de LCI, BFMTV, France 3, I-Télé et sont, donc, des journalistes qui ont travaillé pour les rédactions du système durant des années, des rédactions qui produisent des fake-news et qui, à la solde du pouvoir politique, participent à la désinformation. RT doit absolument changer son équipe et engager des journalistes engagés et pas seulement des journalistes avec une carte de presse française ! et surtout pas « des produits » issus des média cités ci-dessus qui produisent de l'infotainment.

Ne pas froisser le CSA- RT, c'est une chaîne française et pas une chaîne russe. Le recrutement chez RT France s'est d'ailleurs déroulé sur cet axe : interdiction de heurter le CSA !  J'ai passé un entretien à RT France et cette rencontre confirma mes aprioris. D'abord, il fallait rencontrer un ancien d'une chaîne de la Lügenpresse citée plus haut ce qui fut pénible. Je m'étonnais de devoir passer par un tel individu pour avoir la chance de travailler à RT. RT n'était donc pas russe, financée par le Kremlin ? Pourquoi le recrutement se faisait par un journaliste issu de la Lügenpresse française ? C'était évident qu'une telle personne n'allait pas recruter un ou des journalistes venant d'autres média que de ceux qui sont les bons élèves du pouvoir politique en France. J'eus raison. « RT est un groupe international basé à Moscou comme NBC est un groupe international basé à Londres, là vous nous contactez pour RT France, RT France c'est une chaîne française qui va émettre avec une autorisation du CSA en respectant la législation française,  les réglements français avec des journalistes français pour traiter de l'actualité française  pour les Français. C'est une chaîne française et pas une chaîne russe... » dit le recruteur français de RT.  Le « c'est une chaîne française et pas une chaîne russe... » faisait des loopings dans ma tête comme un petit avion.  L'intérêt est, pourtant, bien d'avoir une chaîne russe réalisée en français pour donner un autre ton. L'avion, qui ronronnait dans ma tête, se scratcha contre les parois de mon crâne quand je compris que RT France prenait les chemins de BFM TV ou de LCI. L'esprit à la Albert Londres, bien que nourri des faits, n'avait pas sa place pour ne pas choquer, provoquer, irriter, échauder, énerver, brusquer, le CSA qui n'est justement qu'un outil politique pour censurer la liberté du journalisme.

RT France, une cible constante du pouvoir en France. Ni l'affligeante soumission de RT France au pouvoir français, ni le recrutement catastrophique de journalistes nourris au lait du système n'auront été utiles à la stratégie du média russe. Le 28 juin 2018 RT France était mise en demeure pour un sujet portant sur la Syrie. Le CSA accuse, ni plus et moins, RT France de faire la politique de Moscou. Le Point écrit «la branche française de la chaîne russe RT a été avertie jeudi par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour des « manquements à l'honnêteté, à la rigueur de l'information et à la diversité des points de vue » dans un sujet sur la Syrie. « La traduction orale attribuait l'ordre donné à la population locale de simuler les effets d'une attaque à l'arme chimique au groupe Jaych al-Islam ».  Le Point écrit «la présidente de la chaîne lancée fin 2017, Xenia Fedorova, a plaidé dans un communiqué « une erreur purement technique, qui a été corrigée ». Au lieu de reprendre les faits et de prouver que des simulations à l'attaque chimique eurent bien lieu, RT France se plie à la menace du CSA par une courbette en invoquant « une erreur technique » et en allant dans le sens du CSA en disant « la traduction du reportage réalisé par RT France sur la Syrie aurait été erroné ». Dommage  alors que les Français ont besoin d'un média libre !

Depuis son lancement en France la chaîne RT est directement menacée par le pouvoir politique.  Le 13 juin 2017 la chaîne RT France était interdite à l'Elysée http://dev.nrt24.ru/la-france-interdit-aux-journalistes-libres-de-travailler-librement-macron-fait-interdire-rt-a-lelysee/. Le 29 mai 2018 la chaîne RT France fut encore interdite à Elysée «un journaliste de RT France s'est vu privé d'accès à l'Elysée par un gendarme, sur consigne expresse de la présidence et malgré présentation de sa carte de presse. «Vous travaillez pour Russia Today, vous ne pouvez pas rentrer», lui a-t-on expliqué https://francais.rt.com/france/51147-president-a-ete-clair-journaliste-rt-france-nouveau-refoule-elysee-video. M. Macron dit officiellement que les journalistes de RT France ne sont pas des journalistes en expliquant dans une conférence de presse avec le président russe moins d’un mois après son élection que RT France et Sputnik sont « des organes d’influence et de propagande » ! Macron, aurait-il raison quelque part puisque les journalistes recrutés à RT France sont issus des média de la Lügenpresse française ?  et qu'ils se mettent à genoux devant le CSA ?

Mauvais investissement du Kremlin. Pour 20 millions d’euros de budget Moscou aurait mieux fait d'investir dans des média et dans des journalistes qui font tout simplement leur travail d'information et qui ne se transforment pas en petits chiens du CSA.  Par exemple, Novorossia Today est une agence indépendante, qui se trouve en zone de guerre à qui personne ne dicte quoi dire ou écrire, mais qui manque de moyens ce qui l'oblige à travailler avec des ressources et effectifs réduits, car elle ne touche aucune subvention. Comme le disait Albert Londres « je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie...  » ! Un journaliste digne de ce nom ne peut pas accepter les censures et répressions du CSA !

Olivier Renault

* terme allemand employé aujourd'hui par les patriotes allemands qui dénoncent la désinformation et la manipulation des média

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