Les Gilets Jaunes mettent Macron dans l'impasse

 
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3 décembre
15:51

Les Gilets Jaunes mettent Macron dans l'impasse

Novembre Jaune contre Mai 68, c'est pourquoi les élites héritières de ce mouvement ne lui pardonnent rien. Voulant oublier qu'elles ont, elles aussi, eu recours à la violence. Que la violence est malheureusement inévitable dans tout mouvement de masse. Mais l'on refuse aujourd'hui le droit aux Gaulois réfractaires d'oser remettre en cause ce monde post-moderne et déstructuré dont nous avons hérité. Et il n'y a personne pour parler avec le Premier ministre, car c'est le peuple qui se lève et le pouvoir se retrouve dans sa bulle de verre. Il n'y a pas de Président pour parler au peuple, car c'est un manageur et est désarmé devant le fait politique. Il ordonne de taper et promet de garder le cap. Quand plus de 80% des Français soutiennent les Gilets Jaunes. Deux victoires ont déjà été obtenues par les Gilets Jaunes : ils ont démontré la contre-productivité du management en politique et le vide essentiel de ce monde post-moderne. Maintenant, Macron est coincé dans le paradoxe de l'Etat dérégulé.

Nos dignes descendants des soixante-huitards semblent avoir la mémoire courte. Ce ne sont pas des photographies des violences commises par les Gilets Jaunes, mais de Mai 68 :

 

Rappelons le slogan CRS-SS, pas d'appel à lutter ensemble. Mais contre l'ordre, contre l'Etat et ses symboles, contre la famille. Contre ce qui était considéré comme l'ordre bourgeois. Et comme dans la chanson de Brel ...

Et moi, moi qui suis resté le plus fier
Moi, moi je parle encore de moi
Et c'est en sortant vers minuit Monsieur le Commissaire
Que tous les soirs de chez la Montalant
De jeunes "peigne-culs" nous montrent leur derrière
En nous chantant

Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c-

Nous les entendons crier au crime. Oubliant que ce sont les Gilets Jaunes qui ont défendu la flamme du Soldat inconnu, que ce sont des pompiers qui habillent le Gilet Jaune pour faire passer les voitures dans certains péages, que des gendarmes baissent le casque en signe de ralliement. Nous voyons la confusions des casseurs et des insurgés. Bien pratique.

Que c'est un peuple qui dans l'ensemble rejette cette gouvernance anti-nationale, dont l'arrivée du manageur Macron a précipité la chute. Non seulement du pouvoir d'achat, car il faut bien vivre aussi, mais de la manière de vivre.  

Et la réaction de Macron est assez pitoyable. Se cacher et refuser de parler. Il annonce de grands évènements sur l'écologie. L'écologie mise en avant comme le marxisme-léninisme à l'époque, qui justifie tout et n'importe quoi. De ne pas faire d'enfants - car ce n'est pas écologique. D'augmenter les taxes - la voiture n'est pas écologique, sauf si elle est électrique. Mais l'électricité aussi augmentera en février. L'écologie qui n'a plus rien à voir avec la lutte réelle contre la pollution réelle. L'écologie qui est devenue une arme globale contre notre mode de vie. Celui des gens "normaux". Qui ont une famille, une voiture, qu'ils prennent pour aller au travail. Avec l'autre arme, l'immigration de masse, dont Macron se prépare à signer au nom de la France la consécration.

Et ses petits soldats, totalement décalés de la situation, qui de voter la loi contre les fessées, qui d'annoncer la dissolution ... de la France :

Face à cela, Macron est dans l'impasse. Il ne peut renoncer, en véritable politique, car il est là justement pour faire cela. Détruire l'Etat, ce qui implique l'affaiblissement de la société. Mais, contre toute attente, le cadavre n'était pas encore froid et comme dans les plus sombres cauchemars, il se relève. D'où le paradoxe fondamental de ce régime : pour détruire l'Etat, il a besoin de la protection des organes d'Etat. Et l'on voit même notre cher BHL en appeler aux institutions. L'idée d'une restauration de l'état d'urgence, comme Poroshenko a instauré la loi martiale, ces dirigeants qui dirigent contre le peuple. Qui ont peur du peuple. Macron, la caricature de Poroshenko - c'est peu dire ...

Et la police n'en peut plus. Sous équipée, les policiers sont obligés d'acheter eux-mêmes certains matériels, ils sont en rupture de munitions, ils sont surmenés. Il faut dire qu'ils étaient habitués soit aux dérives du Nouvel An, dont il ne faut pas parler, soit aux manifs bobo pour le paix dans le monde, le miracle écologique et MeToo, gentiment encadrées, préparées et financées. Ils ne sont pas prêts à un véritable affrontement populaire. Et en ont-ils seulement envie? D'où les appels du pouvoir à ne surtout pas fraterniser. 

Car le danger pour le régime de Macron est bien là : au nom de quoi (de la transition écologique?) les policiers doivent-ils défendre la déstructuration de l'Etat par ce régime contre les revendications populaires d'une vie normalisée ? Surtout qu'ils partagent beaucoup des problèmes de la classe moyenne. Sans oublier la question du financement des forces de l'ordre et de l'armée, il y a aussi les zones de non-droit qui n'ont rien à voir avec les Gilets Jaunes, où tout représentant de l'ordre se fait tabasser. La police est la première porte de l'Etat à l'intérieur du pays, ils sont tout aussi intéressés à sa restauration.

Et Macron continue à se taire, se fait huer dans les rues de Paris, et demande à E. Philippe de recevoir les chefs de formations politiques, plus désemparés les uns que les autres, et les représentants des Gilets Jaunes. Mais les Gilets Jaunes ont bien affirmé ne pas avoir de représentants, puisqu'ils sont le peuple. 

C'est ce qui fait et leur force et leur faiblesse. Cela leur permet d'agir comme dans une guerre de partisans, mais sans pouvoir capitaliser sur le plan politique.

Acte 4 déjà lancé : à l'Elysée. Symboliquement, c'est important, même si l'on est (encore) loin d'une prise de la Bastille.

Karine Bechet-Golovko 

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