L’Ukraine est en train de réécrire l’histoire

 
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6 septembre
22:17

L’Ukraine est en train de réécrire l’histoire

Pendant que la presse internationale consacrait ses gros titres au déboulonnage à Charlottesville de statues, témoins du passé historique du sud des Etats-Unis, une entreprise de destruction beaucoup plus massive a eu lieu en Ukraine où l’extrême-droite au pouvoir s’en est pris au patrimoine architectural du pays. M. Volodymyr Viatrovych, qui dirige l' »Institut de Mémoire Nationale » d'Ukraine, a indiqué le mois dernier que 1320 statues de Lénine avaient été déposées ainsi que 1 069 « autres monuments soviétiques ». La destruction des statues de Lénine est devenue l'idée fixe du régime.

Le soulèvement "Maidan" de 2014 a été salué par les États-Unis et l'UE comme démocratique, malgré le renversement du président élu, Viktor Yanukovych. Le nouveau gouvernement à Kiev a été soutenu dès le début par des paramilitaires ouvertement néonazis. Par une série de provocations et ses attaques répétées contre les syndicalistes et en incendiant le 2 Mai 2014 la Maison des syndicats d'Odessa où 42 personnes ont péri, ce gouvernement nationaliste a provoqué une révolte dans l'est du pays majoritairement russophone,.

L'administration du président déchu était corrompue, mais la violence et la brutalité du nouvel ordre sont encore pires : un petit groupe de voleurs a été remplacé par une grosse bande de voleurs. Le régime s'appuie sur les forces d’extrême-droite et les organisations criminelles mafieuses comme les partis Svoboda et Right Sector, ou les bataillons Azov et Aidan, les « patriotes professionnels ». Leur patriotisme consiste à détruire, à piller, à semer la zizanie et va jusqu’à l’élimination des opposants. La droite ukrainienne s’inspire de l'organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) de Stepan Bandera et de la pensée de Dmitri Dontsov, qui a reconnu sa dette intellectuelle envers Hitler et Mussolini.

Aujourd’hui, l'Ukraine se disloque. Elle a perdu la Crimée, le Donbass est à feu et à sang, et dans le reste du pays, une guerre civile larvée fait peser sur la population un climat de peur. La destruction des statues de Lénine, des monuments aux soldats de l'armée rouge et ceux dédiés aux victimes juives et polonaises de l'OUN, le fait de rebaptiser toutes les rues portant des noms considérés comme pro-soviétiques, et la criminalisation des références positives à l'Union Soviétique dans les textes imprimés font partie du processus de « décommunisation ». Les attaques de Kiev contre la liberté d'expression ont été condamnées à l'échelle internationale par l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe et Amnesty International.

L'Institut de la Mémoire Nationale a été créé en 2006, sous l'ancien président Viktor Yuschenko, mais depuis 2014, il sert d’outil aux nouveaux dirigeants pour falsifier l'histoire et promouvoir l’idéologie officielle. Les gens l'appellent l' »institut de l'amnésie nationale ». Son rôle consiste à remodeler les consciences en effaçant tout ce qui concerne les victoires du peuple durant la période soviétique. Il affirme que les Ukrainiens sont des Aryens de sang pur. La pseudo-science et la pseudo-archéologie sont de retour. Les médias répandent des inepties sur l'origine ukrainienne de Jésus-Christ, ou sur l’idée que la nation ukrainienne est« plus ancienne que les pyramides ».

L'institut a accompli un gros travail pour présenter la Russie comme l’ennemi et l’agresseur éternel de l'Ukraine, alors que les histoires des deux pays sont étroitement liées et trouvent leur origine commune dans la fédération de Kievan Rus et sa capitale Kiev au 9ème siècle.

Aujourd’hui, les manuels d'histoire affirment qu'il n'y a pas eu de grande guerre patriotique des peuples soviétiques contre les forces hitlériennes. Aucun combattant ukrainien de l'Armée Rouge ne serait mort sur aucun champ de bataille pour libérer l'Europe du fascisme. Selon cette nouvelle version, il y aurait eu une invasion de l'Ukraine par les troupes allemandes et soviétiques. Les membres l'armée insurgée ukrainienne (UPA) qui en fait, ont collaboré avec les nazis et ont joué un rôle actif dans l'Holocauste sont présentés comme des" guerriers de la lumière "menant une « guerre de libération » contre un ennemi satanique, la Russie bolchevique.

Le Professeur Jeffrey Burds, de l'Université du Nord-Est de Boston, dans le Massachusetts, affirme que l’institutl publient des documents qui ont été falsifiés : "Je le sais parce que j'ai vu les originaux, que j’ai fait des copies et que j'ai comparé les transcriptions aux originaux. Des phrases entières qui pourraient présenter les nationalistes ukrainiens du passé sous un mauvais jour ont été retirées des documents. »

Mais les archives falsifiées et les statues de Lénine démolies ne sont que la partie émergée de l'iceberg. La parite non visible est plus importante..

Des monuments à la mémoire des soldats soviétiques(dont ceux de la République d’Ukraine) sont profanés pratiquement tous les jours. Des monuments et des plaques aux héros de la résistance, des partisans, des dirigeants e l’état et des groupes qui ont contribué à la victoire sur Hitler sont détruits. Dans la région de Dnepropetrovsk, un monument au soldat inconnu a récemment été endommagé, tout comme un autre monument à Odessa. À Kiev, le complexe de la flamme éternelle dans le « Parc de la Gloire éternelle aux Ssoldats de la Seconde Guerre Mondiale » a été vandalisé. Le monument dédié au libérateur de Kiev, le général Nikolai Vatutin a été souillé. Le général Vatutin commandait le front ukrainien contre les nazis lorsqu'il a été pris en embuscade et tué par les collaborateurs de l'OUN-UPA en 1944.

La participation de l'UPA à l'Holocauste explique en partie l’empressement des nouveaux dirigeants du pays à détruire les mémoriaux des victimes polonaises et juives par leur opération de nettoyage ethnique.

Le massacre de Volyn, l’incendie de Khatyn, les pogroms anti-juifs à Lviv et Babi Yar, sont les crimes les plus connus des nationalistes collaborateurs. Cacher la vérité sur ces crimes est inacceptable. Comme l’affirme l’inscription du monument aux victimes à Volyn :

« Si je les oublie, Dieu qui êtes dans le ciel, oubliez-moi ».

 Jeussey de Sourcesûre 

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