L'Ukraine offre son Eglise à Constantinople et lance une vague sans précédent de répression contre le Patriarcat de Moscou

 
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8 décembre
01:10

L'Ukraine offre son Eglise à Constantinople et lance une vague sans précédent de répression contre le Patriarcat de Moscou

Nous avions parlé des tentatives conjointes de l'Ukraine, sous impulsion américaine, et du Patriarcat de Constantinople pour provoquer un schisme dans l'Eglise orthodoxe, en faisant sortir l'Eglise orthodoxe canonique d'Ukraine du Patriarcat de Moscou, dont il dépend depuis le 17e siècle (voir notre texte ici). Il semblerait que les choses se passent assez mal et finalement une Eglise ukrainienne sera artificiellement créée et rattachée à Constantinople. Au lieu de l'autocéphalie, Poroshenko reçoit encore une subordination. Cela devient une habitude ...

L'attribution de l'autocéphalie se trouve dans une impasse, car l'Eglise orthodoxe canonique d'Ukraine, dépendant historiquement du Patriarcat de Moscou, n'a pas cédé aux chants des sirènes orientales (voir notre texte ici) et la procédure a été bloquée.

Comme nous l'évoquions à l'époque, et cela s'est confirmé, Constantinople dont le rayonnement est pour le moins ramené à son minimum vital par les autorités turques, peut utiliser les ambitions de l'Ukraine pour porter atteinte à l'unité de l'Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou, voire, si cela ne se passe pas comme prévu, prendre possession de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine. Et c'est justement ce qui est en train de se passer. Après avoir bradé l'Etat, Poroshenko brade l'Eglise.

La presse ukrainienne a donné l'information après une diffusion de la première page du Statut adopté par Constantinople fin novembre sur le site orthodoxe grec. Ainsi, une certaine Eglise orthodoxe d'Ukraine serait mise en place non pas avec un Patriarche à sa tête, ce que permettrait l'autocéphalie, mais avec un métropolite, dans le cadre du Patriarcat de Constantinople, avec une liberté moindre que celle dont dispose l'Eglise orthodoxe canonique du Patriarcat de Moscou en Ukraine. 

Cette Eglise ukrainienne semi-autonome ne plaît pas au renégat Filaret, qui attendait avec impatience d'être reconnu comme l'égal du Patriarche de Moscou. Par ailleurs, le synode envisagé n'est pas sacré et permanent, il est composé de 12 membres et sera renouvelé tous les ans. En cas de vacance du poste de Métropolite de Kiev ou de conflit, c'est le Patriarche de Constantinople qui règle la situation. Donc, l'Ukraine, non seulement, n'aura pas d'autonomie, mais elle perd toute indépendance - également sur le plan religieux.

D'autres dispositions soulèvent des questions. Ainsi, le statut prévoit qu'automatiquement tous les croyants seront rattachés à cette Eglise. Si l'on comprend l'envie de Constantinople de faire main-basse sur l'Ukraine, des conflits sont inévitables avec l'Eglise canonique, qui reste la plus importante et refuse la fusion. Cela pose aussi, en terme politique, des problèmes à Poroshenko, l'Etat ukrainien n'ayant plus le droit de décider des Eglises sur son territoire. 

Et pour aller encore plus loin, le Statut prévoit que cette Eglise n'a pas le droit d'ouvrir de nouveaux diocèses à l'étranger et les diocèses se trouvant à l'étranger dépendront directement de Constantinople. Cela va même jusqu'à l'interdiction de canoniser les saints de manière autonome. Sans oublier que les huiles saintes devront être achetées à Constantinople.

Ce qui est proposé par Constantinople est tout simplement humiliant pour l'Ukraine. Mais Poroshenko fait semblant de ne pas remarquer et met une pression incroyable pour que ce Statut et cette parodie orientale d'autocéphalie soient approuvés par la réunion du synode mi-décembre.

C'est pour cela que des dizaines de prêtes orthodoxes sont convoqués en masse par le SBU (ex-KGB) - en qualité de témoins. Que des perquisitions sont perpétrées non seulement dans les bâtiments des églises, mais également au domicile des prêtres. Le fait qu'une décision de justice puisse permettre ces perquisitions pour incitation à la haine sociale et religieuse et extrémisme est un signe particulièrement dangereux. Mais les perquisitions dépassent le cadre légal et sont poursuivies, sans autorisation, aux domiciles.

Les répressions sont en cours et personne n'élève la voix. Il est vrai que la religion chrétienne n'est déjà pas très à la mode dans ce monde néo-trotskyste, alors quand ces répressions ont le double mérite et d'affaiblir l'Eglise orthodoxe, qui reste très / trop fervente, et de porter atteinte au patriarcat de Moscou, en effet, pourquoi réagir ...

Karine Bechet-Golovko

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