Mamaï, commandant du bataillon "Piatnashka", c'était hier... il y a 1 an déjà !

 
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18 mai
00:14

Mamaï, commandant du bataillon "Piatnashka", c'était hier... il y a 1 an déjà !

Il y a un an, le 17 mai 2018, le commandant du bataillon Piatnashka de la milice populaire de la République de Donetsk était mortellement blessé au combat sur le front de Promka, entre Avdeevka et Yasinovataya, au Nord de Donetsk. Depuis 1 an le souvenir de cette homme exemplaire est resté vif dans les coeurs de ses soldats et son nom est désormais lié à celui de la brigade internationale et de ses actions qu'elle continue à mener toujours aux avants postes du front du Donbass... car les héros ne meurent jamais !

Aujourd'hui nous avons préparé nos treillis pour une cérémonie ou plutôt une réunion familiale de notre bataillon autour du souvenir de Oleg Mamaiev, ce volontaire ossète devenu au fil des combat le commandeur de Piatnashka. Il nous semble tous que ce soir où les dieux de la guerre ont appelé "Mamaï" à leur grand festin était hier, et pourtant autour de nous de nouveaux volontaires sont là, ayant marqué de leurs arrivées régulières l'écoulement de cette année passée depuis ce 17 mai 2018.

Un soleil nous accueille sous les drapeaux de la caserne "Sarmat", les soldats s'alignent en silence fixant le portrait de Mamaï et sa garde d'honneur, plusieurs anciens ont fait le déplacement ainsi que la famille d'Oleg Mamaiev, sa mère, son épouse et son jeune garçon. Je sens dominer dans les rangs un silence et un respect et les souvenirs du commandeur, ce volontaire venu d'Ossétie du Sud et devenu fils du Donbass par son sang versé, se déversent de la mémoire par le courant de cette minute de silence. 

Pour ce moment de recueillement, Yulia Tchitcherna et Oleg Reka nous ont rejoint, fidèles troubadours du Donbass et des unités militaires engagées en première ligne de sa défense. 

A l'issue de l'hommage à notre commandeur, nous nous dirigeons vers la tonnelle située derrière les cuisines où nous attend un repas fraternel composé de plats typiques de cette région transcaucasienne et particulièrement d'Ossétie, la patrie charnelle de Mamaï. Les chanteurs ouvrent alors les hommages au commandeur mort au combat par 2 chansons écrites en son honneur: 

Pendant que les grands préparaient le repas de commémoration, le fils de Mamaï. la future relève. jouait dans l'herbe. Dans un monde en guerre, l'innocence et la pureté de cet enafntnous rappelle ce pourquoi chaque jour nous nous battons 

Yulia Tchitcherina commence avec sa chanson "Volontaire" dont les paroles et la mélodie sont portées par le silence des soldats, et de la famille de feu Oleg Mamaïev. C'est la première fois que je vois Yulia hésiter en chantant mais rapidement les larmes qui envahissent ses yeux m'en donnent la raison et c'est avec gravité qu'elle finit sa chanson avant de se précipiter dans les bras de la maman de Mamaï et partir submergée par la tristesse.

Puis ce fut au tour d'Oleg Reka de chanter ses 2 chansons en hommage à Piatnashka et son commandeur Mamaï, tué au combat il y a 1 an. Une chanson plus virile mais tout aussi émouvante, qui témoigne de la notoriété légendaire laissée par Mamaï dans les mémoires et qui depuis l'immense foule venue l'accompagner pour son dernier voyage jusqu'à aujourd'hui n'a jamais diminué dans les coeurs fidèles.

Puis ce fut le tour de partager autour d'un repas les souvenirs autour de la famille et des officiers du bataillon, et de découvrir cette délicieuse bière ossète au goût de kwas, un "plov" ouzbek et d'autres plats traditionnels du Caucase... De nombreux toasts furent prononcés en l'honneur de Mamaï, depuis ses camarades ossètes toujours présents à Piatnashka jusqu'à "Svarog", son adjoint devenu le nouveau commandeur de l'unité depuis 1 an.

Après demain nous repartirons vers les lignes, certains au Nord, d'autres au Sud, les unités du bataillon étant aujourd'hui dispersées vers ces secteurs du front qui sont devenus au fil des combats et bombardements des "zones de contact" avec les avants postes ukrainiens. Si le soldat pour gagner et survivre se doit de regarder vers l'avant sans craindre de perdre ce qu'il laisse derrière lui, nul doute en revanche que les souvenirs d'anciens et de vies exemplaires tel que Mamaï sont emportés dans son coeur et lui donnent alors plus de force pour affronter ses devoirs et son destin. 

Texte d'Erwan Castel

Photos de Svetlana Kissileva

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