Marina Menchikova: la nouvelle victime sacrificielle du régime ukrainien

 
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5 mars
13:27

Marina Menchikova: la nouvelle victime sacrificielle du régime ukrainien

Ce 26 février, Marina Menchikova, activiste anti-Maïdan, a été retrouvée morte dans sa cellule, où elle se serait suicidée. Marina Menchikova s'est retrouvée dans cette cellule après qu'un magistrat en Crimée ait décidé de suivre la loi à la lettre et de la renvoyer en Ukraine après ses 90 jours de séjour en Russie. La député Poklonskaya demande à réfléchir sur le sort de cette femme et des Ukrainiens se trouvant en Russie. Comment cela a-t-il pu arriver?

Marina Menchikova, née en Russie, est arrivée à Dniepropetrovsk assez tôt avec sa famille. Après le Maïdan, elle s'est ouvertement prononcée contre le nouveau régime et ses bataillons punitifs, notamment en prenant part à de nombreuses manifestations. Sa situation juridique est assez étrange, puisqu'en 2015 elle a obtenu la nationalité russe et vivait en Crimée. Pourquoi et comment l'a-t-elle perdue, les journalistes ne l'ont pas appris. 

Le 24 octobre 2016, à l'Opéra de Dniepropetrovsk, elle voit un membre de l'ATO, à l'entracte elle sort un marteau, le frappe et le blesse très légèrement. Dans son sac, les forces de l'ordre ukrainiennes affirment avoir également trouvé un couteau. 

Elle est alors assignée à résidence. Elle se sauve une première fois à Kramatorsk, puis est reprise, à nouveau assignée à résidence. Cette fois-ci elle se réfugie en Russie, en Crimée. Il faut dire que selon la presse ukrainienne, pour beaucoup il aurait fallu la condamner à mort ...

Après 90 jours de résidence en Crimée, elle n'a légalement plus le droit de s'y trouver. Un magistrat local prend alors la décision de l'expulser vers l'Ukraine. Elle y sera arrêtée le 11 janvier et incarcérée. Ce 26 février, elle vient d'être retrouvée pendue dans sa cellule, qu'elle partageait avec deux autres femmes, qui déclarent n'avoir rien entendu.

La député Poklonskaya, ancien procureur de Crimée, est choquée par ce qui s'est passé, comme elle l'exprime dans cette interview (pour les russophones):

Que le juge applique la loi, c'est normal, c'est la base de l'Etat de droit, mais il devrait aussi tenir compte des circonstances particulières de chaque situation: Marina Menchikova était en danger, physique, il aurait dû en tenir compte lors de sa décision. 

D'une manière générale, la Russie se trouve dans une situation difficile. Ces affaires sont largement exploitées par la presse ukrainienne, il faut dire que le cadeau qui leur est fait de taille. D'un côté, la Russie affirme soutenir le peuple ukrainien contre le nouveau régime ukrainien, facilite le régime d'obtention de la nationalité russe et des titres de séjour, d'un autre côté un magistrat russe expulse une femme en danger en Ukraine en raison de son combat contre les fanatiques du Maïdan pour avoir dépassé le délai de résidence sur le sol russe. Certains demandent qu'une "loi Menchikova" soit adoptée, pour mieux protéger les Ukrainiens se trouvant en Russie et réduire la bureaucratie. Peut-être serait-il suffisant que les magistrats et les bureaucrates ne soient pas à ce point formalistes et légalistes, qu'ils se souviennent que derrière un dossier, il y a un être humain et sa souffrance.

Le maire de Dniepropetrovsk, Borys Filatov, celui qui avait dit qu'il faut "leur" promettre tout ce qu'ils veulent dans un premier temps et ensuite les pendre (il parlait des opposants, justement comme Marina Menchikova) exulte sur sa page Facebook:

 Borys Filatov utilise cette tragédie pour dégrader l'image de la Russie chez ses partisans ukrainiens:

"Au début tu vas à des meetings pour "le Monde russe".

Ensuite tu te sauves de Dniepr à Kramatorsk.

Puis tu reviens et tu te évites la police.

Ensuite tu te sauves en Crimée, et tes "frères russes" t'expulsent en retour en Ukraine (!!!)

Vous vous souvenez de la célèbre séparatiste Menchikova? Mais si cette dame qui s'en est pris à un combattant de l'ATO au théâtre avec un marteau?

Aujourd'hui à 8.32 elle s'est pendue dans sa cellule à Dniepr.

Avec son drap.

"La Russie te lâchera, mon fils. Toujours" (c)

Bonjour"

Un coup dur qui oblige à se poser quelques questions, si la Russie ne veut en retour être discréditée au sein de la population. Surtout dans un monde d'hypercommunication. La presse ukrainienne n'entrera pas dans les détails. Non, il y a une victime. Qui a été expulsée. Qu'est-ce qui s'est passé dans cette cellule, personne ne le saura jamais. L'Ukraine construit sa victime sacrificielle "du régime poutinien", victime que les fanatiques du Maïdan ont certainement réduite au silence. L'occasion était trop belle.

Karine Bechet-Golovko

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