Navalny&Sobtchak: le faciès clownesque de la dite opposition russe

 
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10 novembre
01:14

Navalny&Sobtchak: le faciès clownesque de la dite opposition russe

Quoi qu'en disent les médias du genre Le Monde, l'Express, Libé ou le Temps, le seul et unique parti d'opposition qu'ait aujourd'hui la Russie, c'est le parti communiste (PCR). Sans doute a-t-il des défauts sensibles dont des références trop poussées, souvent paradoxales au passé communiste de type stalinien, mais il a au moins le mérite d'être un parti dévoué aux intérêts de la nation, donc, un parti national. On peut vitupérer tout notre saoûl contre les Le Pen, père et fille, à divers degrés, soit en voyant dans le FN une création de Jacques Attali conçue à la base comme épouvantail et donc, en soi, intégrée au système avant d'être sorti de sous le contrôle, soit un parti à la base autonome mais xénophobe aux thèses économiques amateuristes, il n'en demeure pas moins que MLP n'ira pas courir les ambassades étrangères pour y recevoir sa feuille de route, n'acceptera pas de financement de la part d'ONG étrangères, et n'applaudira pas des révolutions oranges conduisant au pilonnage de ses concitoyens ou de francophones dans des pays limitrophes de la France. Non pas que Mme le Pen représente une exception angélique ! Simplement, l’opposition française (faut-il dire dissidence ?) est tout l’inverse de la dite opposition russe : cette dernière est anti-nationale, fidèle à l’héritage véreux de l’ère Eltsine, Gaïdar, Tchoubaïs et consorts, ce n’est pas une opposition à proprement dit, mais un syndicat de clowns mal choisis et mal adoubés par l’oligarchiemondiale.  

Toute démocratie – de type semi-autoritaire y compris – doit avoir une opposition. Encore faut-il que celle-ci sache exploiter, de manière au moins vraisemblable quand elle n’est pas objective, les lacunes de la stratégie politique, sociale, et économique des élites « aux manettes ». La grande tare des libéraux russes, c’est leur parfaite incrédibilité doublée de leur haine viscérale de la Russie. Il y a peu, une journaliste travaillant à la radio d’opposition ultra-libérale Echo de Moscou a subi, en pleine antenne, les foudres d’un schizophrène spécialement venu en Russie depuis Israël pour se venger de celle qui aurait déployé contre lui tout un programme de harcèlement sexuel de type télépathique. Selon ses propres dires, elle le hantait tant et tant, chaque nuit, que le pauvre bougre finit par en perdre le sommeil et la raison. Précisons au passage que le pauvret suivait chez lui un traitement psychiatrique, fait établi et confirmé par les autorités compétentes israéliennes.Aussi triste que soit le bilan de l’agression (quelques jours en soins intensifs), cet épisode ne peut en rien justifier les allusions de Venediktov, rédacteur en chef d’Echo, pour qui le Kremlin aurait instrumentalisé un fou à lier à des fins d’intimidation. De même qu’on peut se demander pour quelles raisons celui-ci projetterait d’expatrier la « meilleure de ses journalistes », une certaine Ksenia Larina, qui, dans un papier publié le 3 février 2104 sur le site officiel de la radio, reconnaît que la seule évocation du mot « patriotisme » lui fait vomir « des vers de terre et des noyaux de cerise ». Si Mme Larina verse dans le grotesque parce qu’on lui en accorde généreusement les moyens, – Echo de Moscou est financé par Gazprom, donc, par le contribuable russe – il va sans dire qu’il existe des opposants beaucoup plus malins, comme M. Nekrasov du parti social-libéral Iabloko, qui lors d’un débat TV consacré à l’héritage eltisinien, regretta que le gouvernement de l’époque n’ait pas assez collaboré avec les USA parce qu’au fond, tout ce qui compte, c’est l’économie. Quand on lui rétorqua que la Russie d’alors, soumise aux libéraux, avait failli se transformer en pays du tiers-monde, ce brave homme expliqua sans ciller qu’il n’y voyait rien d’anormal dans la mesure où « le Kremlin n’avait pas suffisamment tenu compte des conditions avancées par les USA ». Si une partie considérable des Français votent à droite (aditionnons le vote LR au vote FN, et aux dits « petits » partis de la droite gaulliste), pourquoi s’étonner que les Russes persistent à voter Poutine en voyant s’accumuler cette lie au fin fond de leurs urnes !

Venons-en maintenant au héros des médias libéraux russes et au favori des médias occidentaux depuis l’assassinat de Boris Nemtsov, Alekseï Navalny. Candidat aux présidentielles malgré un sursis de 12 ans (peine sans précédent la loi ne prévoyant pas de sursis pour un tel délai), ex-candidat à la présidence du conseil municipal, il a tout pour plaire : jeune (encore plus jeune que Macron !), intrépide (qui oserait tourner un documentaire d’une cinquantaine de minutes sur les supposés détournements de fonds du Premier ministre russe, Dimitry Medvedev ?!), éloquent ou beau parleur, selon les affinités, prolifique en matière de buzz, quoi encore ? ... La liste est déjà honorable. Ou presque. Car M. Navalny a deux défauts qui desservent sensiblement sa cause. Primo, une extraordinaire propension au mensonge. Deuxio, un girouettisme inégalé et sans doute inégalable. Voici quelques illustrations éparses qui permettront de s’en faire une idée.

En 2015, Navalny affirme que le géant informatique Apple jouit d’un revenu annuel supérieur au budget annuel de la Fédération de Russie. Quelle horreur, dirait le citoyen lambda, sans essayer de comprendre ce qui, en l’occurence, est comptabilisé. Aux voleurs, à la corruption, la Russie est un pays de miséreux, vivement l’eldorado américain ! Pourtant, une opération aussi rudimentaire que deux et deux suffit à démontrer que M. Navalny, jouant sur le manque de discernement qui caractérise les foules déchaînées, a sciemment omis de préciser que le budget fédéral ne fait que partie intégrante du budget consolidé qui lui est constitué des budgets régionaux et des fonds non budgétaires. Par conséquent, au lieu de nous morfondre sur un revenu annuel de 13 trilliards de roubles, nous découvrons, agréalement surpris, que ce dernier s’élève à 27 trilliards. N’en déplaise à Alekseï.

Fin 2016, ce doux rêveur mythomane annonce que « moi Président », le SMIC sera automatiquement porté à 25.000 roubles. On est bien heureux de l’apprendre, la question est de savoir comment il entend s’y prendre. S’agit-il d’un SMIC valable uniquement dans la capitale, les agglomérations, ou jusqu’aux patelins les plus éloignés de la Russie septentrionale ? Sachant que ce serait à l’Etat et aux compagnies privées de participer à cet enrichissement aussi fulgurant que providentiel, des calculs basiques démontrent que celui-ci impliquera une hausse exponentielle des impôts et de l’indice des prix à la consommation. Dans le meilleur des cas, on retournera à la case départ, et encore que ... Amateurisme ? Leurre ? Lorsque Ksenia Sobtchak, une autre star des futures élections, lui demande quelle part du PIB serait investie dans l’aide médicale s’il est élu, c’est le silence pour toute réponse. D’une manière générale, tout le programme de Navalny est fondé sur une lutte supposée contre la corruption alors qu’au grand dam des médias atlantistes il reste à  ce jour impossible de prouver sa non-implication dans l’affaire Kirovles. Un article publié le 6 juin dans Le Monde, « Qui est Navalny ? », et dont l’auteur manifeste une sympathie patente à l’égard de ce « principal opposant à Poutine », n’en pointe pas moins du doigt ce qu’il appelle les « relentsparfois nationalistes de ses prises de position, et sa condamnation dans l’affaire de Krivoles », soit, une peine commuée en sursis pour détournement d’un équivalent de 400.000 euros. Quant aux affinités nationalistes avérées d’Aleksey, on constate que le diable passe facilement inaperçu dans un journal de gauche du moment qu’il s’érige en opposant à un pouvoir très peu commode.

Plus croustillantes encore que ses âneries en économie, le girouettisme du jeune prodige laisse supposer que le torticolis est loin d’être le cadet de ses soucis. Son anamnèse remonte en effet au conflit russo-géorgien, lorsque, très inquiet de l’image de la Russie sur la scène internationale, Navalny prône « un blocus total de la Géorgie » et la « déportation immédiate de tous les citoyens géorgiens présents sur le territoire russe ». On le voit monter sur ses grands chevaux, défendre mordicus le droit à l’autodétermination de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Il va même encore plus loin en jugeant légitimes d’éventuels tirs de missiles de croisières contre les méchants Géorgiens. Nous sommes alors en 2008.

Trois ans plus tard, en 2011, après s’être demandé dans son blog si un « coup de poing asséné un Géorgien pouvait être perçu comme un acte citoyen en faveur de la Russie », il reconnaît s’être emporté tout en appelant à « accorder une nouvelle chance à la Géorgie » puisque (enfin, un lien de cause à effet !), dans leur ensemble, les « Géorgiens ont des qualités dont d’autres peuples du Caucase ne pourraient se targuer ».

Vous remarquerez au passage que Navalny a lui aussi des qualités dont Poutine ne pourrait se targuer.

Toujours en 2011, il qualifie l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud de pays aux « régimes peu fréquentables » et refuse d’emblée de les soutenir « au nom de la Géorgie ».

En août 2008, il traite Saakachvili de « Hitler géorgien à la sauce européiste » et dénonce son obsession miitariste. Sept ans plus tard, en 2015, Navalny félicite son ancien compagnon d’armes, Maria Gaïdar, d’avoir accédé au poste de vice-président de l’administration d’Etat de l’oblast’ d’Odessa, le président étant ... Saakachvili en personne. Faudrait peut-être savoir ...

En 2014, au moment du retour de la Crimée dans le giron russe, Navalny renie ses convictions d’il y a six ans, considérant que rien ne pouvait cautionner le séparatisme (attention à l’usage abusif du terme, voire archi-faux comme dans le cas criméen) et que le cas de la péninsule criméenne est semblable à celui de la Palestine ou de la Chypre du Nord : « Qu’il y ait une majorité écrasante de Criméens qui désirent rejoindre la Russie, ou un élargissement de leur autonomie, cela ne fait aucun doute. Ce qui par contre est répréhensible, c’est de déclarer qu’il faut introduire des troupes russes dans la péninsule « pour défendre la population russe – je trouve ça délirant, et hypocrite ». Ce qui est délirant et hypocrite, à mon humble sens, c’est le charabia kafkaïen dont ce type pense gaver un peuple que des gens de son acabit, Ksioucha Sobtchak, par exemple, traitent de racaille ... si ce n’est de raclure si l’on retire le filtre de décence. Cette déclaration, comme tant d’autres, est un contre-sens flamboyant.

Dans la même ornière brodée de contradictions que seul un opportunisme sans limites expliquerait, en 2008, Navalny trouve regrettable que les républiques caucasiennes fassent partie de la Fédération russe : « Aucun stimulant budgétaire, aucune politique de tolérance (...) ne suffisent à pouvoir nous faire côtoyer des peuples qui se complaisent dans leur bestialité ». Dès 2011, ce candidat aux présidentielles d’un pays multiethnique et multiconfessionnel adhère à un mouvement notoirement nationaliste connu sous le nom assez vague de « Marche russe » pour qui « nourrir » le Caucase ne sert à rien. C’est vite oublier – ou ignorer, ce qui est pire en terme de culture politique – que la stabilité tchétchène a un prix ... et pas des moindres., et que les zones tampon, ça se ménage.

Après s’être rattrapé en avançant que les Géorgiens sont comblés de qualités qui les rendent supérieurs à leurs voisins régionaux, Navalny découvre qu’il y a mieux ! Les habitants du Daghestan ont eu le remarquable cran de soutenir sa lutte contre le système « Platon » qui est un système de taxation des poids lourds.

Voici, valant ce qu’il vaut en longueur mais exhaustif dans le fond, le portrait craché de celui que les médias occidentaux qualifient d’ « opposant numéro 1 » à Poutine. Un opposant tellement populaire que selon le centre analytique Levada, une ONG de recherches sociologiques et de sondages, seuls 35% des Russes connaissent Navalny, parmi eux, seuls 10% se disent prêts à voter pour lui. Cerise sur le gâteau, on sait aujourd’hui que Khodorkovski finance Navalny.Quand bien même on estmerait que son profil d’assassin n’est conforté que par une série d’hypothèses orientées, pourquoi les exploiter moins qu’on n’exploite l’hypothèse de la culpabilité tout à fait surréaliste du Kremlin dans l’assassinat de Boris Nemtsov ? Puisque toutes les hypothèses se valent ... !

S’il y a un travers fondamental à reprocher à l’ « opposition » russe, c’est sa haine de la nation et, bien souvent, son incurable sottise. Caricaturale, la dite opposante Ksenia Sobtchak arrive à tourner dans une pub de produit pour la puissance masculinetout en déposant sa candidature aux présidentielles.

Son programme ? Je n’en ai point, confie-t-elle, sourire charmeur, avec, à l’arrière-plan, ses casseroles et son saladier rempli de citrons et de pommes, comme si un discours prononcé à la cuisine ajouterait quoi que ce soit à sa côte de popularité. Et d’ailleurs, se hasarde-t-elle à renchérir, qui suis-je pour vous en donner un, de programme ? Lors de son interview à la CNN, Ksioucha avance que la Russie a mérité les sanctions US (SIC !) et qu’au regard du droit international, la Crimée était ukrainienne, point barre. Traduisons en termes simples : une candidate russe aux présidentielles russes proclame haut et fort, à une chaîne étrangère, qu’elle soutient des sanctions dont le peuple qu’elle sera censée représenter pâtit le plus ; en outre, Mme Sobtchak se fiche éperdument des circonstances dans lesquelles la Crimée avait été offerte, d’un trait de plume, à l’Ukraine, ce qui déjà constitue une violation flagrante du droit, de même qu’elle n’a probablement aucune idée de ce que représentent, toujours au regard de la loi, les accords absolument illicites de Belovej (ou Traité de Minsk sur la dissolution de l’URSS). Grossière incompétence ? Effroyable mauvaise foi doublée d’un mépris assumé de son propre peuple ?! Dans une récente interview au site libéral Meduza (la Méduse), cette arriviste reprend la même rengaine : elle n’a pas de programme économique car, avant d’en dresser un, il serait souhaitable de détruire tout le système de vigueur, jusqu’au dernier caillou. Et après, lui demande le journaliste ? Et après ... Cette réplique impayable que je traduis littéralement : le peuple russe devrait oeuvrer à ce que la liberté devienne plus attirante que son contraire. La tournure a l’air d’une lapalissade mais en réalité, elle rejoint le non-sens. Force est de reconnaître que Mme Sobtschak est bien plus douée pour les pubs lascives que pour la politique.

Moi qui préfère les grilles de lecture cartésiennes, je commence néanmoins à croire qu’une sorte de malédiction plane sur les libéraux russes : en vingt ans, leur QI a sinistrement chuté, le peuple russe est tellement truffé de racailles qu’il ne veut pas leur donner la majorité qu’ils méritent, enfin, en guise de preuve, une bande de corneilles –  dont je peine à croire qu’elle n’étaient pas téléguidées depuis le Kremlin ! – a bombardé de cailloux le Centre Eltsine sis à Ekaterenbourg, si bien qu’il faudra remplacer quelques vitres. Comme quoi, il y a vraiment des sanctions qui se perdent. Même parmi les oiseaux.

Françoise Compoint

 

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