(PHOTOS) Calvaire d’une mamie et de sa petite-fille en plein centre de l’Europe : que dirait Bruxelles et La Haye ?

 
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21 janvier
22:00

(PHOTOS) Calvaire d’une mamie et de sa petite-fille en plein centre de l’Europe : que dirait Bruxelles et La Haye ?

L’Occident est malade. Ses dirigeants n’arrivent plus à digérer les multiples contradictions accumulées depuis le fin de la II GM. Le quotidien du Donbass, miné par un conflit au développement incertain, en est une nouvelle preuve. Une de plus qui dépasse l’entendement et dont le déroulement en Europe pourrait préfigurer, comme le symptôme d’une maladie grave, un véritable cataclysme paneuropéen seul capable, cependant, d’effacer les dichotomies qui se sont constituées en plusieurs décennies.

Je n’ai jamais compris comment le gouvernement Mitterrand était arrivé à adopter la loi Gayssot alors que le grand Remplacement, pour des raisons évidentes qu’il est aujourd’hui ridicule de nier, est plutôt incompatible avec la lutte traditionnellement menée contre l’antisémitisme. De même, je ne comprends pas comment les gouvernements dits démocratiques actuels peuvent s’acharner à détruire les régimes baassistes moyen-orientaux en misant sur des mercenaires nourris aux pétrodollars wahabbites alors qu’ils se donnent un mal fou pour conserver ne serait-ce qu’une apparence de laïcité sur le Vieux Continent. On comprend encore moins comment le Vatican pouvait fermer les yeux sur les réseaux d’exfiltrations nazis tout en appelant, aujourd’hui, dans la lignée de Jean-Paul II, à accueillir à bras ouverts des gens qui souhaitent en masse la chute du christianisme en Occident. Enfin, on peine à comprendre comment est-ce que Bruxelles, n’ignorant pas la nature du conflit qui ravage un pays slave situé en plein centre de l’Europe continentale, l’Ukraine, peut cautionner, tacitement ou ouvertement, qu’importe, la livraison d’armes létales à un régime entièrement fantoche. Celui de Kiev. Un régime au sein duquel le pouvoir est partagé entre nazis tuant sous les insignes du Das Reich (voir ceux du régiment d’Azov) et des oligarques en proie à des querelles intestines qu’un oligarque particulièrement exotique, un certain géorgien connu pour avoir été Président de son pays et actuellement recherché pour abus de pouvoir, prétend calmer au nom du peuple ukrainien.

L’Occident atlantiste, peut-être trop vieux pour faire preuve de bon sens, s’enfonce dans un totalitarisme néo-libéral où le silence sert le déni de la réalité, et l’hystérie contribue à sa dénaturation.

Derrière toutes ces inepties dont les bénéficaires sont évidemment les mêmes, il y a des vies brisées. Celles de Anna Orlova et de sa petite-fille, toutes deux originaires de Avdeevka, une ville située non loin de Donetsk, en est un exemple consternant. Au moment de son arrestation, Anna Aleksandrovna avait 65 ans, la petite, dix-sept. Elle était en train de passer le BAC. Leur crime ? Avoir pris part aux manifestations en soutien aux Républiques du Donbass. Arrêtées, torturées, placées dans un centre de détention avoisinant le camp de concentration et mélangeant prisonniers d’opinion et prisonniers de droit commun, elles ne seront libérées que deux ans plus tard, dans le cadre d’un échange de prisonniers, le 27 décembre 2017. Le bilan est lourd. Anna a dû subir deux interventions chirurgicales : l’une liée aux traumatismes rénaux que ses tortionnaires lui avaient infligés lors des interrogatoires, l’autre aux brûlures à l’eau bouillante sur le ventre et une partie de la hanche. Sa petite-fille est quasiment parvenue au terme d’une grossesse dont on devine l’origine. Elle aussi soumise à la question, suspendue à un crochet, cette enfant d’à peine dix-huit ans s’en est tirée avec plusieurs fractures.  

Les conditions de détention, les tortures endurées, l’état lamentable dans lequel se trouvaient les prisonniers avaient été constatées par les membres de l’OSCE. Ces derniers, faut-il croire, ne se sont pas beaucoup foulés puisque, côté UE, aucun défenseur de la démocratie n’a jugé bon de réagir. Mais peut-être ai-je tort. Si même la catastrophe d’Odessa avec sa quarantaine de brûlés vifs et sa soixantaine de rescapés abattus sur place n’a pas apitoyé la communauté internationale qui continue à « croire » à la conversion démocratique des nervis de Kiev, je comprends que le sort de deux Ukrainiennes est vraiment le cadet des cadets de leurs soucis.

Françoise Compoint

Photos: Svetlana Kissileva

Notre rédaction lance un appel aux dons

Outre le drame de ce bébé dont on attend la naissance d’un jour à l’autre, outre l’immense et indélébile impact physique et moral de ce longuissime séjour en enfer, Anna et sa petite-fille n’ont plus de maison et beintôt, elles auront en charge un bébé qui va naître d'un jour à l'autre. Elle ne peuvent rentrer chez elles car leur calvaire reprendrait aussitôt. Il faut donc repartir à zéro, dans une ville où elles n’ont personne, ce qui, dans leur situation, relève presque de l’impossible. Toute aide est donc la bienvenue, car il faut un minimum de temps pour qu'elle touchent des allocations de la République Populaire de Donetsk qui, compte tenu de la situation de guerre, seront forcément modestes. Mais, entre l’enfer moral formellement civilisé qui régit nos politiques et l’humain, je pense qu’il y a toujours un moyen, modeste mais incontournable, de choisir l’humain. Et si, comme le notait justement Camus, le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose, il est en notre pouvoir de nous élever au-dessus de ce peu qui tend de plus en plus au rien.

Ceux qui veulent et peuvent les aider, veuillez vous rapprocher d'Hubert Fayard, responsable du Centre de représentation de la Rupéublique Popualire de Donetsk en France, qui vous aiguillera vers une structure humanitaire via laquelle vous pourrez faire un don en précisant son objet.

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