(PHOTOS) Un automne flamboyant au bosquet des Rossignols de Donetsk

 
Actualités
17 octobre
14:46

(PHOTOS) Un automne flamboyant au bosquet des Rossignols de Donetsk

Il existe à Donetsk un endroit d'une beauté incroyable qui porte en plus un тom très poétique : « le bosquet des Rossignols ». En ce moment, c'est sans doute la meilleure saison pour venir le découvrir dans toute sa splendeur, car depuis quelques jours c'est un automne flamboyant qui est arrivé à Donetsk. Les journées sont très douces et ensoleillées, tandis que les arbres se sont parés de mille teintes : rouge, pourpre, écarlate, bronze, jaune, orange... Et toute cette frénésie des couleurs se reflète dans le miroir bleu des bassins d'eau.

« Le bosquet des Rossignols » se trouve derrière le 2e des trois étangs Poutilovski (Boutovski) dans le parc forestier qui s'étend du pont Poutilovski détruit vers le village de Spartak. Avant la guerre, c'était un des endroits privilégiés des habitants de Donetsk pour se mettre au vert le week-end. Cette tradition avait commencé à l'époque où la forêt Poutilovski était le lieu des mayovkas (NDT. : célébration illégale du 1er mai par des dissidents révolutionnaires de l'Empire russe, généralement présentés comme un pique-nique innocent) du prolétariat de la ville de Iouzovka (NDT. : premier nom de Donetsk dû à son fondateur, industriel britannique John James Hughes, prononcé comme « Iouz » en russe) : métallurgistes, mineurs, cheminots. Du temps de l'URSS, les travailleurs des mines Zasssiadko et Boutovka, ainsi que de la sidérurgie ont poursuivi la tradition d'utiliser le parc forestier comme lieu de repos et de loisir.

La nature tout autour est particulièrement pittoresque, mariant la verdure de la forêt, l'eau claire des étangs et les collines des terrils. Tous ceux qui restent vivre à proximité malgré la guerre, continuent à venir ici avec leurs enfants quand il fait beau pour se balader, pêcher le poisson ou encore se bronzer et se baigner pendant l'été. Bien que de temps à autre, on puisse y entendre au loin le crépitement des fusils d'assaut, voire même le grondement de tirs d'artillerie. La ligne du front passe tout près d'ici.

Si vous n'avez pas de voiture, vous ne pourrez certainement pas atteindre les étangs autrement qu'en vélo ou à pied au bout d'un quart d'heure -20 min de marche depuis le terminus des transports en commun au croisement des avenues Kievski et Partisanski. Il y a aussi le bus 109 qui passe par ici en direction du village de Iakovlevka près de la ville de Iassinovataïa, mais il est rare et circule une fois par heure tout au plus.

Sur la route qui commence derrière la rue Listoprokatchikov et passe entre le 2e et le 3e étangs, on croise souvent des habitants du village de Spartak. Spartak c'est la « zone rouge », car il est situé directement sur la ligne de contact tracée par Minsk n'est en fait rien d'autre que la ligne de front: les bombardements de l'armée ukrainienne sont quotidiens. Spartak est privé de chauffage, d'électricité, l'eau potable est acheminée en bidons de l'extérieur... Dans ce village qui comptait 3000 habitants avant la guerre, il n'en reste plus que 60, parmi eux, la petite Vika âgée de 12 ans. ous se sentent abandonnés à leur triste sort. Sauf peut-être, des bénévoles comme André Lysenko ou Svetlana Volchkova de la Fondation de Zakhar Prilepine qui depuis 4 ans, passent leur temps libre et les week-ends à apporter ici l'aide humanitaire envoyée par des particulier de la Russie et des autres pays étrangers.

Si vous quittez la route de Iakovlevka en tournant à gauche derrière le 2e étang, vous vous retrouverez dans le « bosquet des Rossignols ». Avant la guerre, ici, il y avait le restaurant « Lisonka » (NDT : « petite Lise ») au bord de l'eau avec uns auna et une aire de jeux. Pendant la bataille de l'aéroport de Donetsk, un des combats clé de la guerre du Donbass et qui avait duré de mai 2014 jusqu'au début 2015 Lorsque la signature de Minsk avait gelé le conflit, tout avait été entièrement détruit ici et laissé à l’abandon. Les décombres, perdus dans une végétation forestière pavoisée aux couleurs de  l'automne, produisent une impression particulièrement sinistre. Ceci dit, les vestiges d'une guerre sont toujours durs à regarder.

Le premier, le plus profond des 3 étangs, est considéré comme le plus beau. Bien que chacun d'entre eux soit beau à sa façon. Du restaurant « Lisonka », on peut y accéder par la forêt. Mais si vous ne faites pas partie de la population locale qui connaît chaque sentier sur le bout des doigts, nous vous le déconseillons vivement : il y reste encore de nombreux obus non explosés et peut-être même des mines antipersonnelles. Il est préférable de revenir en arrière par la route principale,tourner à droite devant les immeubles dont un porte la pancarte de la « Poste », après avoir passé par les cours, et étant arrivé devant le chantier, traverser le secteur des maisons individuelles, tout aussi détruites et pillées, se retrouver devant l'étang.

(L'inscription sur le mur: "La maison est vide, elle a été pillée avnat vous)

Et là, une fois encore oublier la guerre l’espace de quelques instants, charmé par la beauté d'un « Automne doré » semblable aux tableaux d'Isaac Levitan.

Photos et texte de Svetlana Kissileva

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