Pourquoi la Crimée a voté le retour en Russie: "le pogrom de Korsoun". Rappel des faits.

 
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18 mars
00:26

Pourquoi la Crimée a voté le retour en Russie: "le pogrom de Korsoun". Rappel des faits.

Dans la nuit du 20 au 21 février 2014, des autobus cheminent sur une route d’Ukraine près de Korsoun. Cette ville se trouve au centre de l’Ukraine, elle fut au centre d’événements historiques nombreux pendant sa longue histoire notamment la terrible bataille du hérisson de Tcherkassy ou bataille de Korsoun au début de l’année 1944. Dans ces bus se trouvent quelques centaines de militants, hommes et femmes originaires de Crimée pour la plupart, partisans du président Ianoukovitch. Ils viennent de Kiev et retournent chez eux en Crimée, des adolescents sont parmi eux. Tout à coup, c’est le drame, sur la route non loin de Korsoun alors qu’ils ont encore une longue route à parcourir, il y a un barrage d’hommes armés.

Ces hommes, ce sont des « Démocrates » pro-européens de la section de l’Euromaïdan de Korsoun. L’opération a été planifiée, ils attendent les bus et ils connaissent la nature des gens qui sont les passagers des autocars. Pour rentrer en Crimée, il faut qu’ils passent par cette route, des ordres ont été donnés, ils attendent. Les bus ne peuvent aller plus loin, sur la route des dizaines d’amoureux de la « Démocratie » à la manière de Porochenko et du rêve européen de Bernard Henri Levy, sont là, ils hurlent et brandissent des armes. Au petit jour, le 21 février, ce qui est appelé par les russophones « le Pogrom de Korsoun » commence. Ils sont là cagoulés et armés de longs bâtons, d’armes blanches, de barres de fer et même d’armes à feu. Les chauffeurs n’ont pas le choix, il faut s’arrêter. Les portes ne sont pas ouvertes que les militants pacifiques de l’Euromaïdan sont déjà en train de tambouriner et de frapper les bus de leurs armes, la haine est palpable, déjà. Les agresseurs sont nombreux, trop nombreux pour qu’il soit envisageable de résister. Des drapeaux ont été plantés sur une barricade, des pneus brûlent, ceci rappelle l’insurrection du Maïdan, ces hommes de toute façon s’en réclament.

Les bus forment une colonne, il faut s’arrêter, les portes à peine ouverte les occupants sont tirés des autobus sous les insultes et les coups, les menaces pleuvent. Les agresseurs sont ici de leur propre aveu depuis trois jours, ils les attendaient. Armé d’un fusil un premier militant exprime sa façon de penser en tirant, une lunette arrière vole en éclat, les autres tentent de fracasser les vitres, les parebrises. Ceci va durer pendant huit heures, huit heures de cauchemar. Ces gens qui sont tous des russophones et qui commencent de penser que décidément l’Ukraine devient folle, ont devant eux une horde hystérique de fous furieux. Sans ménagement, les passagers sont sortis des bus, certains sont battus sauvagement, quelques-uns sont forcés de prendre dans leurs bouches des canons de pistolet, les insultes raciales sont terribles, quelques agresseurs appellent carrément au meurtre. Ceux qui se plaignent sont battus, insultés, malmenés, les femmes ne sont pas plus épargnées que les hommes. Les agresseurs ironisent et interpellent les femmes : « regardez vos hommes ! ».

Ils sont contraints de se coucher sur le sol, d’autres sont à genoux sous la menace des fanatiques, ont leur intime l’ordre de crier « Gloire à l’Ukraine ! » et d’autres slogans nationalistes. Ils doivent remettre leur argent, leurs papiers, les humiliations se poursuivent, les militants pro-européens sont comme fous, les menaces de mort pleuvent : « tu ne partiras pas d’ici, pas la peine de prier ! ». Certains sont sévèrement frappés à la tête, il y a beaucoup de blessés, l’un deux Andreï Nikiforov a beaucoup de chance. Le coup qui le frappe à la tête lui ouvre le crâne, on lui fracasse les dents et le nez, il s’effondre, il survivra par miracle et témoigne choqué plusieurs mois plus tard, tenant une canne, il paraît avoir été proche de rester handicapé. Aspergeant d’essence l’un des autocars, ce dernier s’embrasse rapidement. On ignore encore à ce jour s'il y a eu des morts, cette fois-ci. Mais bientôt en mai, à Odessa, couvert par la police, 1 500 activistes, supporters de football, membres des partis nationalistes Pravy Sektor et Svoboda accompagné d’une Femen passeront à l’acte et massacreront dans des conditions atroces une centaine de russophones à la Maison des syndicats.

A Paris, partout en France, des Français supportent ces gens, ces massacreurs. Ils sont ignorants, ils répètent ce que les médias écrivent en boucle depuis des mois. Pour ces Français, la Démocratie c’est obligatoirement le régime illégal de Porochenko, ils ont fait la Révolution. En France lors d’une manifestation en faveur du régime de Porochenko, des journalistes sont présents. Ils filment, ils photographient… un reportage est monté. Les drapeaux ukrainiens qui étaient présents sont visibles, ceux noirs et rouges, les drapeaux du sang de Pravy Sektor, ceux des tueurs de Juifs de l’UPA, des alliés d’Adolf Hitler ont disparu de l’écran. Pourtant, ils étaient là, s’ils ont disparus c’est que ces journalistes français savaient. Ils savaient ce que c’était que le Pravy Sektor et ces drapeaux macabres noirs et rouges. Ils le savaient. C’est ceci le drame des russophones en Ukraine. Ceux de Crimée, après le drame de Korsoun n’ont pas hésité en mars 2014 pour l’indépendance et le rattachement à la Russie. S’ils avaient douté, alors comme dans le Donbass, des milliers d’entre eux seraient morts, ils auraient été massacrés, leurs villes auraient été détruites. En France, des journalistes savent… mais il y a des ordres et dans les rédactions, les serviteurs de l’Union européenne, le IVe Reich, le Reich qui doit durer mille ans veillent. Français tu peux dormir, un jour peut-être cela sera ton tour et ce journaliste qui t’a menti est peut-être ton frère, ton oncle, ton cousin. Combien de Korsoun autrement plus terrifiants se sont déroulés depuis ?

Laurent Brayard

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