Une journée à Donetsk. La première du film de Max Fadeïev et de Ioulia Tchitcherina « Donbass, ma Sparte »

 
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28 juillet
10:11

Une journée à Donetsk. La première du film de Max Fadeïev et de Ioulia Tchitcherina « Donbass, ma Sparte »

C’est l’amour, on le sait, qui fait avancer le monde. Le film « Donbass, ma Sparte », est le fruit de l'amour entre deux de nos grands artistes : la chanteuse Ïoulia Tchitcherina et le reporter de guerre Max Fadeïev. Car une œuvre d'art, comme le dit Ïoulia Tchitcherina, c’est aussi de l’amour. Au départ, Ïoulia Tchitcherina voulait faire un clip sur sa chanson « Ma Sparte ». Lorsqu’elle a vu les réalisations du reporter de guerre Max Fadeïev, elle en est tout de suite tombée amoureuse et lui a proposé de faire ce clip. Et petit à petit, au cours du travail commun, le clip s’est transformé en un véritable documentaire d’une vingtaine de minutes. Le tournage a été réalisé à Donetsk avec les combattants du bataillon Sparte, jadis commandé par le légendaire Motorola, jusqu’à ce que celui-ci se fasse sauvagement assassiner. La première du film a eu lieu le 26 juillet dans la salle de cinéma de Donetsk Zvezdochka.

La projection a rassemblé tous les médias présents à Donetsk : locaux, russes et internationaux. Vers 15h30, les journalistes ont occupé les places stratégiques en haut de l’escalier qui mène à la salle du cinéma, en attendant l’arrivée des invités. Soudain est apparu en tenue de camouflage, entouré de ses gardes du corps, l’écrivain Zakhar Prilépine, qui a accepté de s’improviser présentateur de la soirée. La chanteuse Ïoulia Tchitcherina a ensuite gravi les marches de l’escalier, mince, vive et naturelle, vêtue simplement d’un longue robe noire fluide et jolie. Elle était accompagnée du chanteur Vladimir Skobtsev. Une fois les invités et la plupart des spectateurs installés en salle de projection, les combattants du bataillon Sparte gravirent alors les marches de l’escalier, tous très jeunes, sanglés dans leur uniforme, avec panache, le visage inspiré.

Le film « Donbass, ma Sparte », qui nous raconte une journée de vie à Donetsk, démarre sur une forte canonnade et un échange de tirs dans la zone industrielle d’Avedeïevka-Ïassinovataïa, un des épicentres des combats avec les forces de Kiev, que les accords de Minsk ont du mal à contenir actuellement. Mais voilà que la cacophonie des tirs est rompue par le récitatif de l’orchestre de l’Opéra de Donetsk. Tout au long du film, nous assistons à l’alternance de séquences de combats avec celles de la vie paisible des citadins : une répétition de danseurs de ballet, des mineurs qui descendent sous terre pour en extraire des "diamants noirs", des enfants qui jouent dans la cour… Selon Ioulia Tchitcherina, l’objectif principal du film était de rappeler aux spectateurs, en Russie comme dans le monde entier, que malgré un semblant de trêve une guerre sévit toujours dans le Donbass et que le sang y coule. En même temps, la vie ne s’arrête pas, et les gens continuent d’y habiter, d'y travailler, d’y étudier, et même d'y faire des enfants.

Le reporter de guerre Max Fadeïev, que Zakhar Prilépine place au rang des reporters de la 2de guerre mondiale, a réalisé son film sur les points les plus chauds de la ligne de front, malgré un risque bien réel : pendant le tournage, trois combattants de Sparte ont été tués. Mais malgré la présence de la mort, le film regorge de vie, aussi bien dans la musique que dans ces tulipes écarlate qui ont fleuri au bord des tranchées, bravant le feu de la guerre. À la fin de la projection, les spectateurs ont assisté à un duplex avec le musée de la valeur militaire du Donbass à Saint-Pétersbourg, après lequel Ioulia Tchitcherina et Vladimir Skobtsev ont chanté leurs chansons. La soirée s’est terminée par une séance de selfies, incontournables à notre époque de technologies numériques et de réseaux sociaux. 

Ïoulia Tchitcherina a présenté à Donetsk le film Donbass, ma Sparte

Regarder le film Donbass, ma Sparte (VO)

Reportage photos Svetlana Kissileva

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